Marina Yaguello, dans son "Alice au pays du langage", affirme que «l’exploration de ce qui ne se dit pas est une procédure privilégiée pour découvrir les règles qui organisent ce qui se dit». Mon article part d’une conviction analogue: l’étude du travail que le jeu de mots accomplit sur la face signifiante du signe peut parfois faire ressortir certains mécanismes d’une langue qui resteraient autrement cachés, et une analyse comparative qui essaye de découvrir la façon de jouer avec la langue, de se jouer, en même temps, de la langue propre à deux systèmes langagiers différents, encore que proches, comme le sont le français et l’italien, pourrait contribuer à en dévoiler certaines caractéristiques. L’élément créatif, libre, de tout jeu de mots, ainsi que les dimensions de ce travail, empêchent toutefois de recourir à un corpus de créations originales, qui – pour en obtenir des résultats valables – aurait dû être beaucoup trop vaste. J’ai donc décidé de recourir à un tertium comparationis qui permette une certaine équité de jugement: le chapitre IX de "Alice’s Adventures in Wonderland", «The Mock Turtle’s Story». L’analyse de neuf traductions italiennes et de sept traductions françaises de ce morceau permettra de réfléchir, à travers les choix opérés par les traducteurs (des choix qui, cette fois, sont le plus possible obligés, à cause des contraintes posées par l’existence même d’un texte original), sur l’approche au jeu linguistique qui caractérise les productions littéraires italienne et française. J’ai essayé de répondre aux questions suivantes: dans le processus de traduction des jeux de mots, est-ce l’influence du texte-source ou celle de la langue-cible qui prime? Et, au cas où la deuxième possibilité se vérifiait, quelles sont les différences visibles entre les façons de jouer italienne et française?

La traduction des jeux de mots: question de langue, question de traducteur?

F. Regattin
2008

Abstract

Marina Yaguello, dans son "Alice au pays du langage", affirme que «l’exploration de ce qui ne se dit pas est une procédure privilégiée pour découvrir les règles qui organisent ce qui se dit». Mon article part d’une conviction analogue: l’étude du travail que le jeu de mots accomplit sur la face signifiante du signe peut parfois faire ressortir certains mécanismes d’une langue qui resteraient autrement cachés, et une analyse comparative qui essaye de découvrir la façon de jouer avec la langue, de se jouer, en même temps, de la langue propre à deux systèmes langagiers différents, encore que proches, comme le sont le français et l’italien, pourrait contribuer à en dévoiler certaines caractéristiques. L’élément créatif, libre, de tout jeu de mots, ainsi que les dimensions de ce travail, empêchent toutefois de recourir à un corpus de créations originales, qui – pour en obtenir des résultats valables – aurait dû être beaucoup trop vaste. J’ai donc décidé de recourir à un tertium comparationis qui permette une certaine équité de jugement: le chapitre IX de "Alice’s Adventures in Wonderland", «The Mock Turtle’s Story». L’analyse de neuf traductions italiennes et de sept traductions françaises de ce morceau permettra de réfléchir, à travers les choix opérés par les traducteurs (des choix qui, cette fois, sont le plus possible obligés, à cause des contraintes posées par l’existence même d’un texte original), sur l’approche au jeu linguistique qui caractérise les productions littéraires italienne et française. J’ai essayé de répondre aux questions suivantes: dans le processus de traduction des jeux de mots, est-ce l’influence du texte-source ou celle de la langue-cible qui prime? Et, au cas où la deuxième possibilité se vérifiait, quelles sont les différences visibles entre les façons de jouer italienne et française?
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