Nous proposons ici une analyse de deux romans contemporains de l’écrivain français Mathieu Belezi, Le Temps des crocodiles et Moi, le Glorieux à l’aune de la catégorie du roman de déformation. Par «déformation» nous entendons à la fois le renversement d’un itinéraire de formation (le personnage principal incarnant l’opposé des figures accomplissant des itinéraires de formation) et comme figure représentante de la démesure (coloniale). Afin de rendre compte de cette déformation, Belezi se sert de figures d’amplification comme les hyperboles, les énumérations et les accumulations qui accentuent le caractère grotesque du colon-géant Albert Vandel. En outre, étant donné qu’à l’intérieur de ces deux romans un lecteur des œuvres rabelaisiennes pourrait percevoir un certain nombre de clins d’œil à la vie et aux exploits de Gargantua, dans cette contribution on se servira en miroir du géant rabelaisien pour faire résulter davantage la déformation du personnage de Belezi. Nous rapprocherons ainsi les itinéraires de ces deux géants afin de montrer d’une part la divergence de leurs deux parcours de formation, de l’autre la démesure qui les caractérise. Si Gargantua incarne un parcours de formation exemplaire malgré sa nature exceptionnelle, Vandel, par son hybris et son immuabilité, symbolise la défense acharnée de privilèges usurpés. Nous étudierons d’abord la déformation en tant que renversement d’un itinéraire de formation, puis nous analyserons les manifestations de la démesure chez le géant contemporain.
Deux romans contemporains de déformation: les cas des Temps des crocodiles et de Moi, le Glorieux de Mathieu Belezi di Debora Sciolla
debora sciolla
2026-01-01
Abstract
Nous proposons ici une analyse de deux romans contemporains de l’écrivain français Mathieu Belezi, Le Temps des crocodiles et Moi, le Glorieux à l’aune de la catégorie du roman de déformation. Par «déformation» nous entendons à la fois le renversement d’un itinéraire de formation (le personnage principal incarnant l’opposé des figures accomplissant des itinéraires de formation) et comme figure représentante de la démesure (coloniale). Afin de rendre compte de cette déformation, Belezi se sert de figures d’amplification comme les hyperboles, les énumérations et les accumulations qui accentuent le caractère grotesque du colon-géant Albert Vandel. En outre, étant donné qu’à l’intérieur de ces deux romans un lecteur des œuvres rabelaisiennes pourrait percevoir un certain nombre de clins d’œil à la vie et aux exploits de Gargantua, dans cette contribution on se servira en miroir du géant rabelaisien pour faire résulter davantage la déformation du personnage de Belezi. Nous rapprocherons ainsi les itinéraires de ces deux géants afin de montrer d’une part la divergence de leurs deux parcours de formation, de l’autre la démesure qui les caractérise. Si Gargantua incarne un parcours de formation exemplaire malgré sa nature exceptionnelle, Vandel, par son hybris et son immuabilité, symbolise la défense acharnée de privilèges usurpés. Nous étudierons d’abord la déformation en tant que renversement d’un itinéraire de formation, puis nous analyserons les manifestations de la démesure chez le géant contemporain.I documenti in IRIS sono protetti da copyright e tutti i diritti sono riservati, salvo diversa indicazione.


